Au bonheur des sens

Le vignoble

Les vins de l’Entre-deux-Mers, liquoreux des coteaux de Garonne, rouges charnus et blancs secs du plateau font partie de l’illustre famille des crus de Bordeaux. La région géographique est un pays où toute la gamme des vins est représentée : vins rouges, rosés, clairets, blancs secs, moelleux et liquoreux. L’Entre-deux-Mers est le plus vaste territoire d’appellations d’origine contrôlée du département où 80% des Bordeaux sont produits. Sur la route au pied des châteaux, le long des vignes et des berges de Garonne, à chaque étape, on y partage des mets succulents, des histoires inscrites dans les vieilles pierres et des splendeurs cachées…

Les AOC de l’Entre-deux-Mers

Une appellation d’origine contrôlée, c’est d’abord l’aire géographique, exclusive et strictement délimitée, sur laquelle doivent être situées les vignes du vin qui la revendique. C’est aussi des cépages régionaux autorisés, une production limitée et contrôlée par hectare, la richesse naturelle du raisin, les procédés de culture et de vinification ainsi que les conditions d’étiquetage. En d’autres termes, l’AOC garantit officiellement l’authenticité et la qualité d’un vin  d’une région de production.

Château ou domaine viticole ?

Vous vous interrogez sur la distinction entre un domaine viticole et un château producteur de vin. Existe-t-il une notion de qualité qui différencie ces deux entités ?

La référence au terme « château » s’est répandue, surtout dans le Bordelais au XIXe siècle, suite au classement des vins de Bordeaux en 1855. Au fil du temps, de plus en plus de domaines vitcoles ont adopté cette dénomination, attribuant ainsi une connotation qualitative au vin. D’un point de vue strictement légal, voici les obligations qu’un viticulteur doit respecter pour arborer la mention « Château » :

  • Le vin concerné doit bénéficier d’une appellation d’origine protégée
  • Les raisins doivent être récoltés sur des parcelles appartenant à l’exploitation
  • La vinification doit être effectuée dans l’exploitation.

Ne vous attendez donc pas à trouver des constructions de type médiéval ou Renaissance sur toutes les exploitations portant le mention « château » même si l’Entre-deux-Mers en est pourvu. En réalité, tous les viticulteurs ne sont pas châtelains !

Vigneron ou Viticulteur ?

Existe-t-il vraiment une distinction nette entre un vigneron et un viticulteur ? Pour répondre à cette interrogation, examinons d’abord les définitions de ces termes fournies par les dictionnaires Larousse et Petit Robert. Selon ces sources, un vigneron est défini comme « une personne qui cultive la vigne et produit du vin », tandis qu’un viticulteur est décrit comme « une personne qui cultive la vigne en vue de produire du vin ». En se basant sur ces définitions, on observe des nuances entre les 2 professions.

Le vigneron élabore son propre vin à partir de ses raisins et commercialise les bouteilles, alors que le viticulteur vend son raisin sans nécessairement produire du vin. Cette distinction semble claire, bien que les 2 professions soient étroitement liées. Cependant, une analyse approfondie révèle que les deux termes sont parfois utilisés de manière interchangeable, les dictionnaires Larousse et Petit Robert suggérant que « viticulteur » pourrait être un synonyme de « vigneron » et vice versa. Il appartient donc à chacun de se forger sa propre opinion ou de choisir son point de vue. Aussi, il convient de noter toutefois que viticulteurs et vignerons d’Entre-deux-Mers ou d’ailleurs partagent le même saint patron : Saint-Vincent. voilà au moins un éléments qui devrait faire consensus !

Dionysos, Bacchus, Noé ou Saint-Vincent ?

Parmi tous les dieux associés à la découverte de la vigne, Dionysos est le plus célèbre. Il est traditionnellement connu pour avoir introduit la vigne en Grèce et d’avoir enseigné aux Grecs l’art de la vinification. Par la suite, les Romains adoptèrent Dionysos sous le nom de Bacchus.

Selon le récit biblique, Noé fut quant à lui le 1er vigneron et producteur de vin. Il s’est même enivré des fruits de son labeur ! A cette époque, le vin était un des trois produits de base que la terre octroyait en abondance.

Mais alors, qui était Saint-Vincent ?

Saint-Vincent était un diacre et martyr originaire d’Espagne, vivant au IVe siècle. Il est reconnu comme le saint patron des vignerons et le protecteur des travailleurs de la vigne. Selon la légende, il aurait subi des tortures sur une roue de pressoir, et cette légende est souvent associée à son nom : « vin » évoquant le produit de la vigne et « cent » faisant référence au sang.

Chaque année, certains villages d’Entre-deux-Mers rendent hommage à Saint-Vincent à travers les Confréries de Saint-Vincent. La tradition veut que chaque année, les vignerons se transmettent en alternance le bâton de Saint-Vincent. Les célébrations comprennent des évènements festifs, le partage du vin du dernier millésimes et des repas joyeux, animant ainsi le vignoble. Il est fêté le 22 janvier.

Langue